Les premières
femmes

Les années de formation artistique de Hermen Anglada-Camarasa en Catalogne, qui ont duré de 1886 à 1894, se sont déroulées dans trois géographies différentes : Barcelone, Arbúcies et Vilanova i la Geltrú. Alors que dans la capitale catalane, où résidait sa famille, le jeune homme suivait des cours privés dans les ateliers de deux maîtres de renom – Modest Urgell et Tomàs Moragas – à Arbúcies, où il séjournait régulièrement depuis 1888, il passait son temps à parcourir les forêts du Montseny avec un groupe d’amis afin d’en reproduire les paysages pour la bourgeoisie de Barcelone. À Vilanova, par contre, il s’y rendait en raison de l’attrait exercé par le premier musée créé ex professo en Catalogne, le musée-bibliothèque Víctor Balaguer, ainsi que par l’École des arts et métiers récemment ouverte, où Tomàs Moragas lui-même enseignait. C’est dans ce contexte, qu’Anglada a produit quelques œuvres sur des thèmes féminins, en accord avec l’académisme et le costumbrisme de l’époque, et qui, dans certains cas, reflètent l’influence du maître Moragas dans son goût pour l’orientalisme et « l’autre » femme.

La métisse (copie de Juan Luna y Novicio)

Hermen Anglada-Camarasa
1890
Peinture à l’huile
110 x 74 cm
Biblioteca Museu Víctor Balaguer. Vilanova i la Geltrú

En 1890, Anglada présente une petite exposition individuelle dans une salle de la menuiserie Bertrán à Vilanova i la Geltrú, où il expose, comme pièce principale, une copie de La métisse du peintre Juan Luna y Novicio. En 1887, sous l’impulsion de Víctor Balaguer, alors ministre espagnol, Luna y Novicio avait reçu le diplôme d’honneur de l’exposition des îles philippines à Madrid et cela avait conduit le Philippin à faire don du tableau à la bibliothèque-musée Balaguer, laquelle avait fait inscrire le nom du peintre sur la plaque d’honneur située sur la façade du bâtiment.

Ce n’est pas par hasard que Hermen Anglada a copié ce tableau. Ce portrait d’une jeune fille métisse se peignant face à sa coiffeuse, habillée de vêtements typiquement philippins, est un exercice académique qu’il aurait réalisé en tant qu’étudiant à l’École des arts et métiers de Vilanova, où Tomàs Moragas était à l’époque professeur et directeur. C’est là, sans aucun doute, une œuvre qui révèle une image de la femme à l’ordre du jour à cette époque et dans laquelle s’exprime la fascination pour cette « autre femme », la femme non occidentale, exotique et sensuelle, objet fétiche du voyeur qui fait irruption dans l’intimité de sa toilette.

La mestiza (La Métisse)

Juan Luna y Novicio
1887
Peinture à l’huile
111,8 x 75,2 cm
Biblioteca Museu Víctor Balaguer. Vilanova i la Geltrú

Auteur inconnu. Vue générale de la Pinacothèque entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Biblioteca Museu Víctor Balaguer. Vilanova i la Geltrú. Juste à gauche du grand tableau Dos de mayo (1884) (Deux mai) de Joaquín Sorolla, on peut voir La métisse de Luna y Novicio. C’est précisément dans cet établissement que le jeune Anglada a peint sa copie du tableau.

1.3.-anglada-al-jardi-finca-el-roquer-1893

Auteur inconnu. Portrait de Hermen Anglada-Camarasa
au domaine El Roquer à Arbúcies
c. 1893. Archives de la famille Llort.

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