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Éclats d’un instant, années 90. L’apport des artistes femmes à la collection d’art du journal Avui

Dates : À partir de 27 septembre 2023
à
Ouverture : Dissabte 2 de març, a les 12h
Production : Museu d'Art de Girona

Présentation

La radiographie d’un instant, au féminin

En 1975 commence le processus de création du journal Avui, premier quotidien en langue catalane publié depuis la Guerre civile espagnole. Dans le but d’augmenter le capital de fondation, la société éditrice Premsa Catalana, SA fait appel aux artistes du pays pour qu’ils fassent don d’une œuvre. Beaucoup répondent à la demande, partageant le climat d’enthousiasme généré par une publication en catalan et les innombrables espoirs que ce fait suscite. Lorsque, enfin, en 1976 Avui est mis en vente, une collection de près de quatre cents œuvres avait été réunie.

L’ensemble de ce fonds d’art, ainsi que celui incorporé en 1994 après un second appel du journal, est acquis par la Generalitat de Catalogne en 2011, lorsque l’entreprise Premsa Catalana, SA fait faillite, et est déposé au Museu d’Art de Girona. En 2019, le musée commence à étudier ce fonds et présente une première exposition consacrée aux différentes lectures que la variété et la richesse de l’ensemble peuvent générer. Cette deuxième exposition est proposée dans une perspective de genre.

Après une première partie consacrée à montrer les œuvres que les artistes femmes ont données au Fonds d’Art du journal Avui dans les années soixante-dix, est présentée maintenant une nouvelle exposition pour montrer les donations qui ont eu lieu dans les années quatre-vingt-dix, lorsqu’il y a eu une nouvelle collecte d’œuvres. Contrairement à la première, il ne s’agissait pas d’un appel publié de manière formelle, mais plusieurs artistes rappellent que la demande leur est parvenue par l’intermédiaire d’une personne liée à la gestion du fonds. Dans ce cas, la croissance du fonds s’est faite sous le commissariat de l’historienne de l’art, critique et chroniqueuse du journal Pilar Parcerisas.

Dans l’exposition précédente, il a été conclu que, bien que les femmes aient soutenu le projet avec le même enthousiasme et intérêt que les autres artistes, leur contribution n’a pas été considérée de manière égale ni sa pertinence reconnue dans l’explication de cette partie de l’histoire de l’art catalan. Toutefois, au moment où les œuvres de cette deuxième exposition ont été données, le paysage politique, culturel et artistique avait déjà beaucoup changé, et à mesure que les libertés étaient acquises, la politisation des citoyens diminuait.

Au fil des années, les préjugés de genre ont affecté la diffusion et l’exposition de la collection, comme dans tous les domaines de la société. Nous croyons fermement que, désormais, après les deux expositions que le Museu d’Art de Girona lui a consacrées, lorsque l’on parlera du Fonds d’Art du journal Avui, cela ne se produira plus.

Le projet du Museu d’Art de Girona complète et s’ajoute au travail que dans ce sens mène le Réseau des musées d’art de Catalogne pour la récupération des artistes femmes et la compilation de leurs témoignages, un projet également confié à Elina Norandi.

On peut y voir des œuvres de :

Montserrat Acosta · Pilarín Bayés · Maria Bofill · Maria Teresa Codina · Colita · Montserrat Costa · Pia Crozet · Begoña Egurbide · Rosa Espinosa Pla · Josepa Filella · Maria Girona · Kima Guitart · Casilda Huguet · Elisabet Mabres · Madola · Assumpció Mateu · Anna Mauri · Mariona Millà · Elena Paredes · Gina Portera · Anna Pujol · Maria Assumpció Raventós · Àngels Ribé · Amèlia Riera · Pilar Segura · Carme Serra Cantarell

Les artistes donatrices étaient un peu plus d’une vingtaine. Certaines, les plus âgées et les plus engagées idéologiquement, ont effectué un autre don. La critique politique et sociale a laissé place à des propositions davantage centrées sur les langages plastiques de la postmodernité, surtout chez les plus jeunes. Grâce à cette nouvelle collecte, le Fonds conserve des œuvres d’artistes essentielles qui n’avaient pas participé à la première collecte. Il existe des œuvres spécialement réalisées pour le journal, faisant référence à celui-ci par la présence de ses pages ou de son titre. Après 1994, d’autres œuvres ont été ajoutées : deux paysages de la peintre Pilar Segura, une série de neuf pièces consacrées à la guerre des Balkans de Pia Crozet, ainsi que les œuvres de Rosa Espinosa Pla et Gina Portera.

Le Fonds d’Art du journal AVUI

En 2011, et après la faillite de l’entreprise Premsa Catalana SA, éditrice du journal, la Generalitat de Catalogne a acquis les 604 œuvres qui constituaient alors le Fonds d’Art du journal. Avec cette acquisition, on a évité la dispersion d’une collection historiquement et artistiquement significative ainsi qu’une possible exportation d’œuvres hors de Catalogne.

Le fonds s’est constitué à partir de la donation d’une œuvre par les artistes en soutien à l’édition du premier journal en langue catalane dans les années 1970. Lorsque le 23 avril 1976 paraît le premier numéro du journal Avui, le fonds d’art compte déjà un nombre important d’œuvres, exposées en janvier 1976 à la Fundació Miró de Barcelone, sous le titre évocateur « Un peuple se fait son journal ».

Dans les années 1990, le fonds est enrichi de 69 nouvelles donations, sous le conseil artistique de Pilar Parcerisas. Ces nouvelles incorporations sont exposées avec une sélection des précédentes dans une grande exposition au CCCB en septembre 1994.

L’ensemble du fonds, depuis 1991, est déposé au monastère de Vilabertran, où il est exposé en rotation jusqu’en 2004. Avec la faillite du journal, les œuvres restent conservées dans les réserves du monastère, puis sont finalement acquises par la Generalitat de Catalogne. Après l’acquisition, le fonds est divisé en deux grands ensembles. Le premier est constitué des 24 couvertures originales commandées par le journal durant vingt ans à différents artistes catalans. Cet ensemble est déposé au Musée d’Histoire de Catalogne, qui en 2011 lui consacre une exposition reliant les originaux aux couvertures publiées et mettant l’accent sur la dimension historique du journal. Le reste des œuvres, le principal ensemble, est déposé au Museu d’Art de Girona, afin de renforcer sa collection d’art contemporain.