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Postectura. La construction de demain

Dates : À partir de 21 mai 2022
à
Ouverture : Samedi 21 mai 2022 à midi
Production : Musée d’Art de Gérone

Présentation

Les années de franquisme furent, à bien des égards, des années sombres et difficiles, y compris dans le domaine des arts. Les principales institutions artistiques du pays étaient directement contrôlées par le régime franquiste et, par conséquent, des orientations plastiques très spécifiques furent défendues, conformément aux intérêts politiques du dictateur, partisan d’un retour au passé historique national. Ainsi, les principaux musées du pays, la plupart des galeries et, bien sûr, les principaux établissements d’enseignement, privilégiaient avant tout l’œuvre d’auteurs liés au classicisme ou à l’académisme. L’Escola Llotja de Barcelone, où se réunissaient la plupart des membres du groupe Postectura, ne faisait pas exception. Il n’est donc pas surprenant que cette nouvelle génération d’artistes, pleinement formée durant l’après-guerre, ait souhaité rompre avec l’ordre établi et trouver de nouveaux modes d’expression, un langage qui leur soit propre.

Ainsi, tout au long des années quarante et jusque dans les années cinquante, de nombreux groupes de jeunes peintres animés d’un désir de changement virent le jour. Certaines initiatives collectives étaient de portée générale et internationale. Le Cercle Maillol, soutenu par l’Institut français, ou les Salons d’Octubre, rendus possibles grâce au mécénat du couple Imbert, en sont de bons exemples. Ces deux structures visaient à offrir aux jeunes artistes ce que l’État ne leur fournissait pas : une vision élargie et une connaissance de l’art d’avant-garde – grâce aux bourses de l’Institut français – et une plateforme – les salons – pour se faire connaître. Mais au-delà de ces initiatives, de petits groupes apparurent qui, chacun à leur manière et avec une influence plus ou moins grande, ouvraient la voie et apportaient un éclairage nouveau durant des années culturelles particulièrement sombres. Le groupe le plus connu est sans doute Dau al Set, mais la liste est longue : Betepocs, Els Blaus, Els Vuit, Flamma, le groupe Taüll… C’est ainsi que de petites actions – même si elles sont parfois éphémères et peuvent paraître naïves – sont devenues des étapes importantes et incontournables pour comprendre le processus d’ouverture qu’a connu le paysage artistique de notre pays au cours des décennies qui ont suivi la guerre civile.

La fondation du groupe Postectura en est un exemple. Cette exposition vise à mettre en lumière le travail du groupe et de ses membres. Créé en 1950 et formé par les peintres Joaquim Datsira, Esther Boix et Ricard Creus et les sculpteurs Subirachs, Torres Monsó et Martí Sabé, Postectura est l’une des initiatives marquantes de cette période. Tous ses membres ont œuvré sans relâche au renouveau des arts plastiques en Italie et ont développé, chacun dans son domaine et sur son territoire, des carrières artistiques significatives. C’est pourquoi nous avons intitulé l’exposition « Postectura : la construction de demain ». À l’instar des autres groupes d’après-guerre, Postectura n’a pas œuvré pour des intérêts individuels, mais pour des aspirations collectives. Ils ont travaillé à la création d’un environnement artistique nouveau, plus libre et plus moderne ; ils ont œuvré pour l’avenir.

Tous ses membres ont œuvré sans relâche au renouveau des arts plastiques du pays et ont développé, chacun dans son domaine et sur son territoire, des carrières artistiques remarquables. C’est pourquoi nous avons intitulé l’exposition « Postectura : la construction de demain ». Postectura, à l’instar des autres groupes d’après-guerre, ne poursuivait pas des intérêts individuels, mais nourrissait des aspirations collectives. Ils œuvraient à la création d’un environnement artistique nouveau, plus libre et plus moderne ; ils travaillaient pour l’avenir.

Le groupe Postectura s’est réuni au Jardí dels Tarongers, à Pedralbes, où Martí Sabé avait son atelier. De gauche à droite : Josep M. Subirachs, Francesc Torres Monsó, Ricard Creus, Joaquim Datsira, Jordi Martí Massó, Josep Martí Sabé et Esther Boix. c. 1950. Archives privées