Lorsqu’un musée, et plus particulièrement un musée d’art, découvre qu’il conserve et expose des œuvres contrefaites, c’est un désastre. D’une part, parce que l’authenticité de l’art est l’une des caractéristiques qui le rendent unique, admirable et précieux. D’autre part, parce que les musées ont pour mission de garantir la préservation du patrimoine matériel collectif et ne doivent pas être victimes de tromperie. Aussi, lorsqu’en 2016 il a été certifié que le musée d’art de Gérone avait acquis six ans auparavant trois œuvres contrefaites attribuées au peintre de la Renaissance Père Mates, ce fut un choc.
L’exposition Faux Vrai. L’art de la tromperie Nous souhaitons raconter une histoire de contrefaçons qui nous concerne directement, en comparant les œuvres falsifiées aux œuvres authentiques. Mais nous voulons aussi aller plus loin et, outre la présentation des résultats des études, notamment des analyses qui nous ont permis de confirmer la fausseté de certains tableaux et l’authenticité d’autres, nous avons voulu proposer une réflexion plus large sur le monde sordide des contrefacteurs et des faussaires d’art.
Sans prétendre exonérer ceux qui utilisent leur talent comme outil de tromperie, l’exposition vise à passer en revue les cas de contrefaçon d’art les plus notoires et les plus connus de ces dernières années, les protagonistes de ces tromperies, leurs stratégies et leurs motivations. Elle s’attache également à mettre en lumière des œuvres falsifiées provenant de différents musées catalans, du Musée national d’art de Catalogne lui-même à celui de Sabadell, qui avait déjà exploré cette voie il y a des années, en passant par Valls, Montserrat ou Solsona, pour ne citer que les cas les plus marquants. L’objectif est de montrer que l’art de la tromperie est à la fois très ancien et très moderne, et que personne n’est à l’abri de ses agissements, ni les institutions muséales, ni les experts, ni les collectionneurs. Aujourd’hui encore, au moment où nous écrivons ces lignes, de nouveaux cas émergent, ébranlant les musées et les collections d’art, trop souvent impuissants face aux stratégies complexes de la tromperie.
Toutes les œuvres de l’exposition sont incluses dans ce catalogue, traduit en anglais, qui comprend des textes des commissaires de l’exposition, Joan Bosch et Francesc Miralpeix ; de la directrice du musée d’art de Gérone, Carme Clusellas ; et de Josep Paret, du Centre pour la restauration des biens mobiliers de Catalogne.
Le catalogue peut être acheté à la boutique du Museu d’Art et également en ligne à la librairie de la Generalitat de Catalunya.